Tu ne refusais pas les sorties parce que tu es introverti.
Tu refusais parce que tu avais déjà décidé.
Avant même d'arriver. Avant d'avoir entendu une phrase. Tu savais — ou tu croyais savoir — que ces gens n'avaient rien à t'offrir. Que la conversation serait creuse. Que tu rentrerais vide, deux heures de perdu.
C'est ça le vrai nom de ce que tu appelais introversion.
Une arrogance tranquille. Le tri fait en amont. L'autre disqualifié avant de parler.
Le problème n'est pas le jugement — savoir ce qu'on veut est une force. Le problème c'est la certitude. Tu ne filtrais pas. Tu fermais.
Et derrière la peur du temps perdu, il y a quelque chose de plus inconfortable : la peur d'arriver dans une pièce et de ne pas savoir quoi dire. De ne pas être intéressant. De décevoir.
L'arrogance et l'insécurité occupent souvent la même chaise.
Ce que tu ne sauras jamais, c'est ce que tu n'as pas trouvé. La conversation qui ne s'est pas faite. La personne classée en trois secondes qui t'aurait déstabilisé si tu avais laissé le temps.
On ne perd pas son temps avec les gens. On perd son temps à décider à l'avance ce qu'ils valent.