Allāh ﷻ dit dans Sourate Āl-Imrān, verset 14 :
ذَٰلِكَ مَتَٰعُ ٱلْحَيَوٰةِ ٱلدُّنْيَا ۚ وَٱللَّهُ عِندَهُۥ حُسْنُ ٱلْمَـَٔابِ
"C'est là la provision de la vie de ce monde. Et Allah a auprès de Lui le beau retour."
مَتَاع — ce que le voyageur prend pour la route. Pas ce qu'il cherche au bout.
Le verset ne dit pas de ne pas avoir.
Il dit de savoir ce que tu as.
La différence entre les deux est invisible de l'extérieur.
Elle ne se lit pas dans ce que tu possèdes.
Elle se lit dans ce qui se passe en toi quand tu le perds.
Ali ibn Abi Talib رضي الله عنه a dit :
لَيْسَ الزُّهْدُ أَلَّا تَمْلِكَ شَيْئًا — وَلَكِنَّ الزُّهْدَ أَلَّا يَمْلِكَكَ شَيْءٌ
"Le détachement ce n'est pas de ne rien posséder. C'est que rien ne te possède."
Tu peux tout avoir et être libre.
Tu peux n'avoir presque rien et être en prison.
La cage n'est pas dans ce que tu possèdes.
Elle est dans ce qui te possède.
Il n'existe qu'un seul test.
Retire tout. Demain. Sans préavis.
Qu'est-ce qui reste de toi ?
Si tu disparais avec ce qu'on t'a pris — tu n'avais pas ce que tu croyais avoir.
C'est toi qui étais possédé.
Tout le monde accumule parce que tout le monde confond le poids avec la solidité.
Une maison lourde n'est pas une maison solide.
Un homme chargé n'est pas un homme ancré.
La vraie solidité ne pèse rien.
Elle ne se perd pas parce qu'elle n'est pas là où on peut la prendre.
Ce que tu as est dans ta main.
Ce que tu es est ailleurs.
Garde la distance.